Opéra de Chambre d’après la pièce de Fernando Pessoa

Durée : 60′

Commande du Festival Amadeus

Pour 2 sopranos, mezzo-soprano, saxophone alto, clarinette basse, violoncelle et ensemble

Nomenclature : 1 (avec picc. et fl. alto), 1 (avec cor angl.), 1 (avec clar. basse), 1 (avec cbn.) ; 1,1,1,0 ; 2 perc. ; piano (avec cel.) ; 1,1,1,1,1

Éditions PAPILLON
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Création : le 1er septembre 1999 • Festival Amadeus • Genève

  • Première veilleuse : Tomoko Takeuchi
  • Deuxième veilleuse : Elisabeth Baudry
  • Troisième veilleuse : Christine Labadens
  • Violoncelle : Daniel Haefliger
  • Clarinettes : René Meyer
  • Saxophone : Serge Bertocchi
Orchestre du Festival Amadeus
  • Direction : Laurent Gay
  • Mise en scène : Michel Kullmann

écoutez…



La pièce de Pessoa met en scène des êtres rêvés dont l’existence, le passé et la vie sont mis en doute. Ces êtres sont à la fois plusieurs et un seul. Ils sont à l’image des hétéronymies de F. Pessoa. Leurs voix s’unissent, se distinguent et se rencontrent. L’idée de les incarner, de les “mettre en scène”, permet non seulement de rendre les êtres visibles mais également de pouvoir, par la musique, les rapprocher ou les éloigner du plan de la réalité, les basculer à tout moment d’un “ailleurs” à un “ici”. Le point d’origine de toute la construction est le poète, F. Pessoa. Il est présent par le trio instrumental qui agit comme un enchanteur. Ses sonorités permettent l’apparition de la matérialisation du rêve : la scène. Il peut permettre aussi sa disparition. Le trio a des résonances constantes dans l’ensemble instrumental. Sa présence, comme origine du son, est ainsi, elle aussi, mise en doute à l’image des vies des êtres rêvés.
Formellement, l’opéra est constitué d’un prélude instrumental et de 8 tableaux. Le prélude part du trio et se déploie dans l’ensemble instrumental. Les trois premières scènes suivent la théâtralité du commencement du texte de Pessoa. Elles tentent, de manière chaque fois différente, d’installer un univers intemporel. Ensuite suivent trois scènes exclusivement consacrées aux instants où les veilleuses se tournent vers leurs souvenirs d’enfance. Cela se présente musicalement comme une succession de chants interrompus. La septième comporte le climax de l’œuvre c’est-à-dire le rêve du marin raconté par la deuxième veilleuse. Musicalement, un air chanté par la deuxième soprano constituera cette scène. Lors de la dernière scène, nous assistons au retour de la théâtralité initiale.Chaque scène s’inspire de citations de Pessoa se référant au son soit comme ouverture au rêve soit comme source de douleur. Ces citations sont extraites du “Livre de l’Intranquilité“ de F.Pessoa.

Le texte est chanté en français sur la traduction de B. Sesé (éditions José Corti). B. Sesé se réfère d’ailleurs à une ébauche de traduction française écrite par Pessoa lui-même.

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